Vue sur des îles et montagnes à l'horizon depuis la mer
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ne semaine sur une goélette… Si l’on nous avait dit qu’un jour nous ferions ça… Mais voilà, nous l’avons vécu et nous sommes là pour vous en parler ! Passées les dizaines de questions et d’inquiétudes quant au déroulement du séjour, nous avions finalement accepté cette invitation : 7 jours sur un voilier en Turquie. Si vous vous demandez que voir dans les environs de Marmaris, inspirez vous de ce fabuleux périple ! Pour ce qui est des aspects pratiques, nous vous racontons tout un peu plus bas !

Le bateau étant amarré dans le petit port de Bozburun, situé à un peu plus d’une heure de route de Marmaris, nous avons tout d’abord pris un ferry depuis Rhodes pour nous rendre en Turquie. La traversée dure 1h, à laquelle il faut ajouter le temps de passer la douane (variable en fonction de l’affluence). Ensuite, des taxis (nous étions 9 en tout) nous attendaient sur le port de Marmaris afin que l’on puisse rejoindre la goélette. C’est là, précisément, que commence l’aventure, la vraie !

Puisque Boria est malade en voiture, elle est montée à l’avant, tandis que Laure s’est assise dos à la route dans le mini-van. Aujourd’hui encore, nous ne pouvons pas dire qui avait la meilleure place… Est-ce qu’il était préférable de voir la route ou de simplement sentir les coups de frein et d’accélérateur ? On n’a toujours pas tranché. Tout ça pour dire que nous n’avions jamais vu ça : 93km/h en ville, dépassement dans un virage sans aucune visibilité, freinage d’urgence et j’en passe ! La conduite turque, c’est quelque chose (et ça nous a été confirmé par des locaux)…

Carte montrant la localisation de la région de Bozburun

Mises à part les diverses frayeurs liées à la conduite, la route de Marmaris à Bozburun est très belle. C’est une route assez étroite, qui serpente entre les collines. C’est très vert, on passe par quelques villages et il y a de beaux points de vue sur la mer. Après une bonne heure, nous voilà finalement arrivées à Bozburun, à la fois village, port et station balnéaire, le tout en miniature. La rue principale, qui longe le port, voit se succéder quelques restaurants, cafés et boutiques. Une autre rue, longeant la mosquée, s’enfonce dans le village, où l’on ne trouve ensuite que des habitations. Il n’y a pas grand chose à faire ici mais l’ambiance est paisible et le soir, les terrasses se remplissent.

Après plusieurs arrêts dans de petites criques aux eaux translucides, toujours bordées de collines verdoyantes, nous atteignons Selimiye. La disposition y est similaire à Bozburun mais il s’agit d’une petite station balnéaire un peu plus prisée. En s’éloignant du centre du village, le long de la mer, plusieurs cafés proposent des terrasses de transats, construites sur des plateformes en bois. Nous y avons goûté des gözleme, une sorte de crêpes turques fourrées avec différents ingrédients (c’est super bon !). Dans le coin, il y a deux autres villages : Turgut et Orhaniye. Dans ce dernier, l’attraction principale est de traverser la baie à pieds, dans la mer, en marchant sur une bande de sable suffisament haute pour permettre de faire l’aller/retour.

Non loin de Bozburun

Depuis le pont

Les eaux turques, sur cette partie de la côte, sont parfaitement calmes, chaudes et d’un bleu souvent translucide. On peut y observer de nombreuses espèces de la faune marine, dont des étoiles de mer (une première pour nous) et des tortues. Elles sont parsemées de centaines de petits îlots, couverts de végétation, qui confèrent au paysage une dimension tout à fait exceptionnelle et qui permettent également de facilement s’isoler des autres plaisanciers.

La vie sur une goélette

Où dort-on ? Peut-on se laver ? Va-t-on avoir le mal de mer ? Avant d’embarquer, nous nous posions tout un tas de questions et les appréhensions étaient bel et bien présentes… Nous allons tenter de toutes les balayer afin que vous puissiez avoir quelques réponses si toutefois vous vous retrouvez dans le même cas que nous.

Chacun d’entre nous avait une cabine, individuelle ou à partager avec une autre personne. 1er problème : nos sacs de 70 litres chacun (oui, nous étions parties pour presque 2 mois en tout…) remplissaient toute la cabine ! Impossible de les ranger quelque part ; leur place a donc été sur le lit. Mais, et nous alors ?! Et bien, nous ferons comme tout le monde, nous dormirons à la belle étoile. De toute façon, étant donné qu’il s’agissait d’un bateau ancien, en bois (beaucoup plus de charme qu’un yacht moderne), il n’y avait pas une clim très performante donc il faisait bien trop chaud dans les cabines pour y passer plus de 10 minutes.

Donc, pour être très concrètes, il y avait, sur le bateau, de nombreux matelas installés à l’avant et à l’arrière. Nous avions tous un drap, un oreiller et une couette. Ainsi, chaque soir, nous choisissions notre matelas et préparions notre lit pour passer la nuit sur le pont. Autant dire que la 1ère nuit fut 100% blanche… Mais on s’habitue assez vite (et puis on a sommeil !) donc nous avons fini par nous y faire. Il faut dire aussi que nous avons passé la première nuit dans le port de Bozburun, où les lumières restent allumées et où il y a toujours un peu de vie et de bruit. C’est très différent de dormir dans un port ou bien dans un crique, où seuls restent la lumière de la lune et le bruit des clapotis sur la coque. Dans l’ensemble, les nuits étaient quand même courtes – puisque les rayons du soleil commençaient à se faire sentir assez tôt – mais reposantes.

La vie sur le bateau était rythmée par le doux bruit de la cloche, au son de laquelle tout le monde se dépêchait de s’installer autour de la table. Non, on n’a pas fait les choses à moitié puisque pour cette première expérience, nous avons eu droit à un équipage, dont un cuisinier. Et quel cuisinier ! En tout, la cloche retentissait 6 fois dans la journée : petit déj’, apéro du midi, déjeuner, goûter, apéro du soir, dîner… On peut vous assurer que, malgré notre amour porté à la nourriture, nous nous contentions quelques fois de boire un simple thé tant nos estomacs étaient pleins ! Emin (le cuisinier) préparait une cuisine turque traditionnelle, savoureuse, généreuse, uniquement à base de produits frais. Nous avons fait quelques découvertes, comme avec les gombos, puis nous avons surtout apprécié manger des plats déjà connus mais que nous adorons : kefta, cigares, tzadziki, côtes d’agneau, pastrouma, halva, etc. La cuisine turque est très similaire à la grecque, avec beaucoup de légumes préparés à l’huile d’olive, des mezzes, des viandes et des poissons principalement grillés. C’est un vrai régal pour les papilles !

Le reste de la journée se passait, lascivement mais sans aucun ennui, entre du repos, de la lecture, des discussions et surtout des baignades dans l’eau limpide des criques presque isolées où nous arrêtait le capitaine. Dès que nous étions amarrés, l’échelle était sortie et tout le monde pouvait à sa guise aller nager, explorer les environs, rejoindre la rive pour une petite balade. Pour faire simple, sur un bateau, on ne fait rien mais on le fait bien !

Pour ce qui est des questions plus pragmatiques que vous pouvez peut-être vous poser, voici quelques réponses en vrac.
Les douches sont sommaires (on l’a dit, c’est un bateau ancien ; tout dépend bien sûr de cela) mais chaque cabine possède sa propre petite salle de bain.
Pour ce qui est des toilettes, c’était tout un poème ! Il s’agit de WC manuels. Si (comme nous avant cette expérience) vous ne connaissez pas, le principe est simple : une pompe est reliée aux toilettes et la chasse d’eau « se tire » à la force du bras. Reconnaissons-le, c’est ce qui nous a le plus manqué. Au moins, on a redécouvert des plaisirs simples, comme celui de tirer une chasse d’eau (et on se rend compte de la chance qu’on a) !
Pour ce qui est du mal de mer, et bien, nous ne l’avons ressenti qu’une fois (où la houle était assez forte) alors que nous y sommes habituellement toutes les deux sujettes. Sûrement, déjà, que le corps s’acclimate à ce léger roulement permanent mais c’est aussi dû au fait que l’on est à l’air libre en permanence, ce qui apaise généralement le mal de mer. Ainsi, rien à signaler de ce côté-là !
Concernant le besoin de mettre le pied à terre de temps en temps, le capitaine prévoit des temps d’arrêt dans certains ports, où l’on peut trouver de petits commerces ou cafés, si toutefois l’on avait besoin de faire des emplettes. D’ailleurs, on vous donne quelques tuyaux pour les achats sur notre page destination Turquie.
Enfin, nous terminerons par la question de la cohabitation et de la préservation de l’espace de liberté de chacun. Comment vivre à 12 (9 passagers et 3 membres d’équipage) sur un espace restreint et clos ? Et bien, étonnamment, nous n’avons jamais ressenti de tensions à ce sujet-là. Chacun respectait parfaitement l’espace de l’autre alors même que nous avions tous des âges, des modes de vie et des caractères bien différents, sans forcément se connaître tous au préalable. Peut-être était-ce dû au fait que tout le monde a cette appréhension donc fait en sorte de ne pas étouffer l’autre ? Nous n’avons toujours pas vraiment de réponse mais c’était extrêmement appréciable !

Alors, le verdict ?!

Oui, on ne va se mentir, nous avons apprécié ce séjour ! Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de vivre une telle expérience donc, malgré toutes les appréhensions, elle était à vivre et nous ne la regrettons absolument pas. En conclusion, concernant le bateau, nous dirions « oui » mais tout de même à petites doses car nous aimons avant tout notre liberté.

Pour ce qui est de la Turquie, ce minuscule aperçu nous a tout simplement conquises ! Les paysages sont somptueux, la nourriture est excellente, les gens rencontrés étaient adorables, généreux, souriants, la vie y semble paisible. Bref, tout était réuni pour ajouter cette destination dans nos prochains voyages !

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